/ Les femmes, la paix et la sécurité

Une représentation égalitaire des femmes dans le cadre des processus décisionnels en matière de politique de paix – c'est là un des objectifs du cfd. Il fait pression en faveur de la mise en œuvre de la résolution 1325 du conseil de sécurité de l'ONU. Cette résolution demande à toutes les instances concernées de garantir une participation égalitaire des femmes à tous les niveaux du traitement des conflits et du développement de paix, et de prendre en compte la dimension du genre lors de la négociation et de la mise en œuvre des traités de paix.

Le code est décrypté !

Lors du 4e anniversaire de la résolution 1325 de l'ONU sur les femmes, la paix et la sécurité, le cfd, la section suisse d'Amnesty International et l'EPER ont lancé une action de cartes postales intitulée « Le code n'est pas secret – la résolution 1325 de l'ONU ».

Mardi 8 mars 2005, lors de la journée internationale des femmes, les trois organisations ont remis quelque 7000 cartes postales signées au Conseil fédéral, en présence de 150 femmes. Par ce geste, elles demandaient au Conseil fédéral d'agir en faveur d'une mise en œuvre efficace de la résolution 1325 des Nations Unies sur les femmes, la paix et la sécurité : il s'agit de tenir compte des intérêts, des besoins et des expériences des femmes, même si une telle perspective remet en question les intérêts économiques ou militaires de la Suisse. En outre, il est important de soutenir les initiatives de paix lancées au niveau local par des femmes. Enfin, il est nécessaire de mener un travail de prévention de toutes les formes de violence.

Lors de cette action, les organisatrices avaient emmené un coffre-fort qu'elles ont ouvert en se servant du code 1325, pour en tirer les cartes postales et les remettre à un membre de la chancellerie fédérale. Les revendications ont été rappelées lors de plusieurs prises de parole, et ensuite communiquées à la vice-chancelière Hanna Muralt Müller.

Les revendications sont claires

Dans le cadre des conflits violents, les femmes endossent une grande diversité de rôles et de tâches : cheffe de famille, victime de violences – notamment de violences sexuelles –, soldate ou combattante, militante ou politicienne travaillant pour la paix. Les femmes présentent donc des expériences très diverses, mais aussi des besoins et des intérêts multiples à faire valoir dans le cadre du traitement des conflits et de la politique de paix et de sécurité.

/ Nous demandons à l'ensemble du Conseil fédéral de prendre au sérieux les expériences, les besoins et les intérêts des femmes dans le cadre de la politique suisse touchant aux questions de paix, de développement et d'économie.

Souvent, les femmes restent exclues de la politique officielle, des négociations de paix et du traitement des conflits. En Palestine et Israël, elles luttent de longue date au sein des associations israélienne « Bat Shalom » et palestinienne « Jerusalem Center for Women » pour avoir accès aux négociations de paix – sans succès pour l'instant.

/ Nous demandons à l'ensemble du Conseil fédéral de s'engager activement en faveur de la participation des femmes aux processus et négociations de paix. Lors de ses initiatives dans le cadre des « bon offices », la Suisse est appelée à garantir une représentation adéquate des femmes des pays, groupes et parties concernés.

La prolifération des armes de tout type stimule la violence entre les États, au sein de ceux-ci et entre les personnes. Les conflits violents entraînent également une croissance de la violence sexuelle faite aux femmes et aux jeunes filles. Tant que la diffusion du matériel de guerre et des armes de petits calibre ne sera pas enrayée, la protection des femmes et des jeunes filles face à toute forme de violence selon la résolution 1325 ne pourra pas être garantie.

/ Nous demandons au Conseil fédéral de renoncer et de s'opposer au commerce des armes avec les États qui contreviennent aux droits humains et en particulier aux droits des femmes.

/ L'an dernier, l'exportation de matériel de guerre par la Suisse a atteint le plus haut niveau depuis 16 ans. Nous demandons à l'ensemble du Conseil fédéral de mettre fin à cette situation.

En cas de conflit violent, les méthodes civiles de traitement des conflits ne sont souvent pas mise en œuvre à temps. Les processus civils associant toutes les personnes concernées – et notamment les femmes et les organisations de femmes luttant pour la paix – doivent donc jouer un rôle important dans la prévention de la violence.

Le traitement des conflits, mais aussi l'aide humanitaire laissent souvent de côté les femmes, qui se voient « oubliées ». Les équipes de secours médical ne comptent parfois pas de gynécologue ou de sage-femme, et les femmes sont fréquemment soumises à des violences sexuelles dans les camps de réfugié•e•s.

/ Nous demandons à l'ensemble du Conseil fédéral de veiller à ce que la contribution de la Suisse à l'aide humanitaire tienne pleinement compte des besoins spécifiques des femmes et des jeunes filles, et de prévenir l'exploitation sexuelle des femmes et des jeunes filles.

Le Conseil fédéral qualifie la résolution 1325 de l'ONU de « document de base pour la politique suisse ». La Suisse est en outre membre du « Groupe des amis de la résolution N° 1325 ». Nous saluons cette attitude. En sa qualité de membre de ce groupe et de l'ONU, la Suisse est donc en mesure de s'engager activement auprès de tous les États-membres de l'ONU en faveur d'une mise en œuvre efficace de la résolution 1325.

/ Nous demandons à l'ensemble du Conseil fédéral de prendre au sérieux cette tâche et de s'atteler à la mise en œuvre de la résolution, même dans les cas où des intérêts économiques ou militaires sont remis en cause.

Une mise en œuvre sérieuse de la résolution 1325 sur les femmes, la paix et la sécurité ne peut pas être menée par un seul département. Il est nécessaire de faire converger les politiques économiques, militaires, de sécurité et de paix. C'est la seule manière de permettre une action efficace et cohérente en faveur des femmes, de la paix et de la sécurité.

/ Nous demandons à l'ensemble du Conseil fédéral de déclarer prioritaire la mise en œuvre de la résolution 1325 et d'harmoniser les différents domaines politiques concernés. Il est notamment inacceptable que la politique économique continue de faire obstacle à la politique de paix.

Les actions continuent

Sur l'ensemble de l'Europe, les organisations féministes pour la paix ont fêté le 5e anniversaire de la résolution 1325 de l'ONU par des actions publiques. Leur revendication de fond porte sur une mise en œuvre cohérente de la résolution par les pays d'Europe – notamment à travers la garantie d'une participation des femmes aux négociations sur le statut de la Kosove. Par un communiqué de presse, le cfd, Amnesty International et l'EPER ont appelé le gouvernement suisse à entreprendre des démarches afin de permettre une représentation adéquate des femmes dans les commissions d'expert•e•s impliquées dans les négociations de statut.

La résolution 1325 déploie également ses effets en Suisse : à l'exemple de la Grande-Bretagne, de la Suède, du Danemark et de la Norvège, le Département fédéral des affaires étrangères dispose depuis le 8 mars 2007 d'un plan d'action pour la mise en œuvre de la résolution. C'est aussi l'occasion pour le département de nouer des contacts avec les ONG actives dans le domaine de la paix et du genre. Le cfd a élaboré une prise de position (en langue allemande) concernant le document officiel : La position du cfd concernant « 1325: Défis et enjeux pour la promotion suisse de la paix », présentée par Cécile Bühlmann lors du séminaire officiel du même nom.

À l'échelle européenne, un conseil des femmes pour la sécurité en Allemagne (Deutscher Frauensicherheitsrat) est en recherche de partenaires pour la création d'un conseil européen des femmes pour la sécurité, qui lutterait pour la mise en œuvre de la résolution 1325 et pour « la démilitarisation et l'égalité, notamment dans le cadre de la politique de paix et de sécurité menée par l'Europe ».

Pour le cfd, c'est là une nouvelle étape de la réalisation de la résolution. Par notre campagne de cartes postales intitulée « Le code n'est pas secret », nous avons su informer le public de l'existence de cette résolution, et faire avancer ce thème au sein de diverses ONG. La table ronde du « Centre de compétence en promotion de la paix KOFF » consacrée au genre est ainsi l'occasion d'un échange d'informations entre les ONG et les autorités. Les activités appuyant la mise en œuvre de la résolution y sont régulièrement discutées.

Le cfd, Amnesty International et l'EPER ont donc mis un terme à la campagne lancée. Il s'agit maintenant d'observer de manière critique la réalisation du plan d'action officiel. Par ailleurs, le cfd s'est associé aux réseaux européens travaillant à la mise en œuvre de la résolution. Il y contribue par ses connaissances et les expériences faites avec les partenaires de projet en Kosove et en Israël, car ces associations locales s'appuient sur la résolution pour faire entendre leur voix en matière de politique de paix et d'égalité.

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Les cartes postales sont remises à un membre de la chancellerie fédérale le 8 mars 2005

Contact: Franziska Müller



UNO-Resolution 1325 pdf

Carte postale «der code ist nicht geheim» pdf

La position du cfd concernant « 1325: Défis et enjeux pour la promotion suisse de la paix » (allemand)