/ Sidreh – revenus et formation pour les Bédouines du Néguev
La population bédouine est confrontée à une sédentarisation forcée dans les cités satellites, et à l'illégalisation de son mode de vie et de travail dans les villages non reconnus par l'État d'Israël. Les Bédouin•ne•s ont ainsi perdu leurs sources de revenus et leur pouvoir de décision au sein de la famille et de la communauté. La plupart des femmes de plus de 25 ans ne sont jamais allées à l'école. Aujourd'hui, les jeunes filles quittent souvent l'école avant la fin de leur scolarité : en effet, l'état des écoles est mauvais et le chemin pour y arriver est souvent extrêmement long. L'association de femmes bédouines Sidreh entend améliorer la situation des Bédouines sur le plan de la formation, de la promotion des revenus et de la prévention de la violence.
Promotion des revenus
Un pilier du travail de Sidreh est le projet d'atelier de tissage. Il connaît un développement réjouissant, car Sidreh veille à préserver et à développer l'artisanat local. Ce projet crée une source régionale de revenus pour les femmes du Néguev. Les tisserandes souhaitent être payées comptant pour les tapis qu'elles réalisent pour le compte de Sidreh. C'est ainsi qu'elles seront en mesure de disposer elles-mêmes de leurs gains.
Cours de langues et de mathématiques
Sidreh organise des cours d'alphabétisation pour les femmes des villages non reconnus, dispersés dans le Néguev. Les matières enseignées sont l'arabe, l'hébreu et les mathématiques. Par l'acquisition de nouvelles connaissances, les femmes s'approprient une part d'autonomie. Les connaissances en hébreu sont particulièrement importantes pour elles. En effet, elles leur permettent de lire les journaux et de suivre les nouvelles à la télévision, d'aider leurs enfants à faire leurs devoirs d'école et de se passer d'accompagnateur ou de traducteur à la poste ou en consultation médicale.
Groupes d'empowerment
Les jeunes femmes du Néguev font face à un avenir incertain. Dans le cadre de groupes d'empowerment (de renforcement du pouvoir d'action), elles élargissent leurs connaissances et renforcent leur sentiment de leur propre valeur. Ensemble, elles élaborent des plans et des projets pour améliorer leur situation. L'un de ces groupes d'empowerment a ainsi lancé un club pour femmes dans un village : le groupe a mis en place un conteneur pour permettre aux femmes de se retirer pour lire, réviser leurs cours ou suivre des formations ou des conférences.
Prévention de la violence
Les jeunes filles ont besoin d'un endroit où elles peuvent formuler leurs questions sur la sexualité et la violence. En coopération avec des écoles locales et des organisations de femmes du Nord d'Israël, Sidreh a ainsi lancé un programme de prévention de la violence : dans des ateliers, les écolières reçoivent des informations sur leur corps et leur sexualité, et ont l'occasion de discuter de leurs expériences et de leurs craintes. Elles sont encouragées à rester à l'écoute de leurs besoins et à poser leurs revendications. Des cours sont en outre proposés aux enseignantes et aux travailleuses sociales, qui apprennent à identifier et à combattre les rapports de violence. Le programme est en cours d'adaptation au contexte des écoles de garçons.

